- Pardon, madame.
Après des minutes de patients efforts, Maigret parvenait enfin à interrompre sa visiteuse.
- Vous me dites à présent que votre fille vous empoisonne lentement.
- C'est la vérité.
- Tout à l'heure, vous m'avez affirmé avec non moins de force que c'était votre beau-fils qui s'arrangeait pour croiser la femme de chambre dans les couloirs et pour verser du poison soit dans votre café, soit dans une de vos nombreuses tisanes.
- C'est la vérité.
- Néanmoins. - il consulta ou feignit de consulter les notes qu'il avait prises au cours de l'entretien, lequel durait depuis plus d'une heure - vous m'avez appris en commençant que votre fille et son mari se haïssent.
- C'est toujours la vérité, monsieur le commissaire.
- Et ils sont d'accord pour vous supprimer ?
- Mais non ! Justement. Ils essayent de m'empoisonner séparément, comprenez-vous .
- Et votre nièce Rita ?
- Séparément aussi.